Témoignage pour l’Histoire (II)

En se surpassant en fourberies, mauvaise foi et en multipliant les attaques extrêmement violentes contre monsieur Ferhat Mehenni et les militants et les militantes de Taqvaylit à dessein de les déstabiliser pour freiner l’expansion de leur idée politique et intellectuelle. En se comportant de la sorte, les marionnettes des généraux, les opportunistes sans conscience et les « dissidents » tentèrent d’encombrer le chemin du M.A.K par différentes manières afin de nous maintenir coûte que coûte dans le moule où nous étions enfermés. Personnes sans scrupules, quand bien même, ils se revendiquaient de l’algérianisme, ils n’avaient aucun respect pour l’Algérie qu’elles contribuèrent à corrompre de la base au sommet. C’est toujours le cas, puissance mille.

Je rajouterais à cette engeance de perturbateurs tous ceux qui sont incapables de mettre les égos de côté afin de faire primer l’intérêt supérieur du peuple kabyle. Ils font autant de mal à Taqvaylit si ce n’est plus. Cet agrégat d’adversaires politique de Taqvaylit était parfaitement conscient de la portée de leurs actes. Ils adoptèrent une stratégie qui consistait à entraver les mouvements de Taqvaylit politique et œuvrèrent délibérément contre sa pérennité. Leurs agissements seront jugés par l’Histoire sous l’accusation de crime contre les siens et contre la pluralité du patrimoine immatériel de l’humanité.

Maintenant, ne soyons pas naïfs. Il y aura toujours des personnes pour lesquelles, il est plus facile et surtout avantageux de s’acharner sur les hommes et les femmes qui militent pour faire respecter les droits humains, politiques et culturels qui sont les leurs. Ce comportement méprisable est-il dans la nature humaine ? Est-il une survivance de la loi de la jungle d’où est sortie l’humanité ? Je ne sais pas. En revanche, ce type de défauts se corrige avec un peu d’intelligence, du sens collectif, d’attachement à sa culture et le respect de la diversité sous toutes ses formes.

Ce comportement est une attitude simple et sans scrupules qui a probablement formé la première philosophie des civilisations humaines naissantes. Elle a fait de la loi du plus fort, celle qui prime et celle du faible, celle qui ne compte pas. Ainsi, ses disciples sont forts avec les faibles et faibles avec les forts. La matrice de leur pensée est la corruption matérielle, immatérielle, la violence…

Un rapide coup d’œil sur l’attitude des pays dominants envers les Nations modestes ; sur le fonctionnement du monde économique suffit amplement à comprendre que, malgré les progrès exceptionnels accomplis par l’humanité à tous les niveaux, cette loi exerce toujours son emprise sur notre planète, autrement le patrimoine immatériel de l’humanité ne serait pas en voie de standardisation ni la ségrégation se pratiquer au vu et au su de tout le monde. Sans parler de la pauvreté, l’injustice, la pollution…

Cependant, toutes les lois scélérates, toutes les manigances du monde n’empêcheraient jamais les peuples unis, lucides, pragmatiques et déterminés à vivre libres et indépendants d’atteindre leur objectif. C’est là une évidence qui n’a nullement besoin pour être comprise de psychologues ni de penseurs. Elle est à la portée de tout esprit aux neurones actifs.

Aucun humain sensé ne peut jouer l’avenir de son peuple pour un poste et des avantages. Ces humains éclairés, préfèrent plutôt, une existence modeste à l’aisance matérielle dans l’abjection intellectuelle et psychologique. Ces humains sont très souvent l’avant-garde d’une lutte politique, sociale, culturelle… Ils font l’Histoire. D’autres, du fait de leurs actions véreuses et décisions égoïstes peuvent mener tout droit à la décomposition d’une société et à l’aliénation de ses citoyens. Particulièrement celles comme la nôtre fragilisées par les siècles d’errance politique.

Il en est de ces comportements et actions qui offensent profondément la dignité humaine par leur gravité et les dommages causés à une société. Par exemple, lorsque l’hostilité et la déconsidération envers une culture émanent des personnes censées porter la lutte pour les droits humains de leur peuple ou d’autres prétendument universalistes. Un tel manque d’honneur et de considération est effrayant en ce sens qu’il enfante des tortionnaires de la dignité humaine à l’image d’Hitler pour ne citer que ce monstre.

Ces actions aux antipodes des intérêts de Taqvaylit et aux valeurs de l’universel auquel aspirent tous les humains éclairés, pacifistes et universels, sont marquées par le sceau de la servitude, même aboutissent à l’aisance matérielle qui est le moteur de tout corrompu. Qu’elles soient l’œuvre des « Kabyles » vassalisés ou des soi-disant universalistes, elles ont pour objectif de détruire dans l’esprit des citoyens kabyles les idées de devoir envers leur culture en leur substituant celle du reniement identitaire.

En les examinant, l’incompréhension, l’indignation et l’irrationalité même se confondent pour se muer en colère pour les uns et en une détermination sans failles pour les autres. Tout esprit rationnel et mû par l’intérêt commun tenterait, en le découvrant, de mettre des mots sur cet abîme d’avilissement, d’étudier ses ressorts, de trouver les justes termes pour qualifier un tel abaissement moral et de démonter le mécanisme de ses causes pour minorer les effets sur la société.

De même, il y aura toujours des personnes qui ne sont pas en mesure d’assumer toute la prestation de travail et les sacrifices nécessités pour que les droits politiques aboutissent. Tout citoyen kabyle soucieux de l’avenir de la Kabylité est appelé à faire tout ce qu’il peut pour aider son peuple à briser les chaines de la ségrégation. Chacun ses qualités et ses compétences.

Les petits ruisseaux alimentent des océans. Tous les actes des militantes et des militants de Taqvaylit sont vitaux. L’essentiel est de respecter les conditions de lutte pour la décolonisation pacifiste prônée par le peuple kabyle. Une décolonisation territoriale, intellectuelle et psychologique. Elle se mène dans l’ordre des priorités, la discipline politique, le respect strict de la hiérarchie et la stratégie. Aux politiciens de rendre les coups aux farouches adversaires de la pérennité de Taqvaylit et aux citoyens d’agir en accord avec les valeurs de Taqvaylit, de les soutenir en toutes circonstances et de comprendre que nos dirigeants ne peuvent pratiquer l’honnêteté à tout instant.

Nous disons, aux premières cités, qu’ils sachent, s’ils l’ignorent encore, que, jamais, nous ne renoncerons à nos convictions, à nos principes et nous continuerons à défendre notre cause jusqu’à la libération. Et nous disons aux Kabyles qui ne s’estiment pas capables d’assumer certaines charges, chacun soutient l’idée à sa hauteur, l’essentiel est de participer à la sauvegarde de Taqvaylit et d’adhérer à l’idée d’un État kabyle. Ce dont vous ne pouvez faire, vos enfants l’accompliront s’ils sont élevés dans l’amour de Taqvaylit et éduqués dans ses valeurs en accord avec l’universel.

Enfin, il y a les personnes qui optèrent pour une opposition de type « tribune parlementaire ». Parmi elles, certaines personnes étaient réellement sincères. Evidemment, nous avons nos fameux « dissidents » et leurs acolytes objectifs, les pourfendeurs et les marionnettes d’Alger. Elles revendiquaient la liberté d’expression suprême, tout mettre sur la place publique, le droit de dénigrer oh pardon, critiquer toutes les actions de nos dirigeants politiques… elles exigeaient ce dont aurait fatalement mené notre peuple au renoncement et à une extrême domination. Les personnes qui étaient sincères dans leur démarche finirent par comprendre que même avec la meilleure volonté et les grands génies du monde, la voie aurait été contreproductive sur tous les fronts. Les autres… elles radotent encore.

Une telle opposition, conjuguée aux autres, nous aurait complètement désorganisés, démoralisés pour finir par anéantir la chance de préserver Taqvaylit du destin funeste programmé par Alger. Nous ne possédions ni charrue ni bœuf. Rien à mettre avant l’autre. Intellectuellement, tout était en friche et politiquement tout était à charpenter pour précisément bâtir une solide tribune parlementaire où s’expliqueront la majorité et l’opposition élues par le peuple kabyle souverain.

La priorité cardinale n’était pas la liberté d’expression, mais de permettre à Taqvaylit politique de renaitre de ses cendres, quitte à fouler aux pieds les fondamentaux de la liberté d’expression. La deuxième priorité était de soutenir le M.A.K et de s’opposer catégoriquement à la création d’une deuxième organisation politique concurrente qu’elle soit indépendantiste ou autonomiste. Elle n’était effectivement pas une priorité encore moins une urgence pour un peuple qui commençait à peine à admettre que seul un État kabyle est à même de garantir la pérennité de Taqvaylit.

Par ailleurs, elle aurait mathématiquement divisé les forces activistes alors qu’elles n’étaient pas nombreuses. Les divergences politiques auraient certainement fini par installer une opposition frontale entre les deux courants politiques. Ils se seraient neutralisés par la querelle interposée au lieu de se compléter par un débat constructif et profitable pour Taqvaylit politique réduite au silence depuis des siècles.

Quant au service « d’action psychologique » d’Alger systématiquement à l’affut d’une moindre opportunité pour embrouiller l’esprit kabyle. Ce dont nous constatons au quotidien. Il n’aurait évidemment pas manqué une telle aubaine d’accentuer les « divergences politiques ». Et de les instrumentaliser ensuite, ainsi que le moindre fait et la simple parole de membres influents des deux mouvements politiques afin de les dresser les uns et contre les autres et diviser le peuple kabyle.

Cela aurait eu pour résultat, la fragmentation politique et idéologique qui aurait embourbé la Kabylie dans des difficultés inextricables et aurait installé le peuple kabyle dans l’échec de penser en commun un avenir juridiquement, politiquement et intellectuellement souverain. Résultat, aujourd’hui, probablement, la Kabylie serait mentalement épuisée et politiquement vaincue. Je vous laisse imaginer les conséquences.

Faut-il replacer le contexte ? La Kabylie se trouvait prise entre quatre fléaux, la ségrégation culturelle, le reniement identitaire, une désillusion aiguë et un flou politique, tous pareillement mortifères pour Taqvaylit. Faut-il rappeler la question cardinale ? Quel destin attend Taqvaylit à plus ou moins court terme, si nous ne nous organisions pas politiquement pour lui fonder un État ? Faut-il rappeler l’enjeu ? Il relève de la pérennité ou de la disparition de Taqvaylit. Il transcende naturellement toutes les raisons qui pouvaient justifier la création d’un deuxième mouvement politique alors que nous avions besoin de dépasser les divergences et de cultiver les convergences, nous réconcilier avec nos valeurs pour le grand bien de Taqvaylit et la liberté de ses représentants.

Témoignage pour l’Histoire (I)

Témoignage pour l’Histoire (III)

À suivre…

Firmus

Site kabyle

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