Peut-on témoigner que le peuple Kabyle est Faible ?

Depuis 1963, la Kabylie a essuyé plusieurs vagues d’agressions par les “services de sécurité” de l’État néocolonial algérien. Pour autant, ses réponses, ses colères n’ont jamais porté atteinte à la sûreté, à l’intégrité territoriale des autres contrées d’Algérie, causé de torts à leurs habitants qui se reconnaissent dans l’État algérien. Les Kabyles sont un peuple paisible qui lutte politiquement, pacifiquement pour son droit à la vie, à l’existence, à l’autodétermination. Le peuple kabyle n’est pas raciste, belliqueux. Il est plutôt pacifiste, humaniste… victime de ségrégation raciale.

La Kabylie a inscrit sa lutte pour sa survie dans la non-violence, la démocratie, la liberté de conscience et d’expression. En cinquante-cinq ans de lutte pacifique pour l’autodétermination, le peuple kabyle a été maintes fois agressé et son sang plusieurs fois versé. Par moment excédé par l’injustice, ses réactions violentes ont écorné la non-violence idéale, mais jamais ses idéaux fondamentaux pour le vivre en paix universelle ne furent jamais remis en cause.
La Kabylie n’a jamais opté pour la riposte armée pour signifier son mécontentement à l’État ségrégationniste algérien. Nous n’avons pas souvenir d’une bombe posée par des « activistes sécessionnistes kabyles » qui causa la mort d’innocents ou même des membres des “services de sécurité” les plus violents envers les Kabyles ? Sécurité par tous les moyens de l’État arabe musulman faut-il lire !

Aujourd’hui plus qu’hier les Kabyles n’ont pas besoin de livrer une guerre militaire pour arracher leurs droits. Désormais, c’est sur le terrain politique et diplomatique qui se joue leur avenir. La majorité du peuple kabyle se reconnaît dans ses dirigeants politiques actuels. Et est, sans aucun doute, prête à appliquer sa politique.

En effet, si les membres du gouvernement kabyle se montrent exemplaires, ils donnent de leur personne pour l’autodétermination, pour le peuple qu’ils représentent, celui-ci le soutiendrait en masse, à tout instant et sur tous les fronts. Logiquement, il contribuerait afin que des institutions relatives à différents domaines se construisent. Il contribuerait financièrement à la construction d’une république kabyle. Car sans moyens financiers, le gouvernement kabyle ne peut simplement pas avancer au rythme qui exigerait de lui, son peuple : le rendez-vous avec l’autodétermination.

Les membres du gouvernement kabyles se doivent d’être vigilants et résolus à déjouer toutes les tentatives du régime algérien à plonger la Kabylie dans le chaos des armes. En effet, face à son incontestable échec politique présent et à venir, l’État néocolonial algérien pousse la Kabylie vers l’irréparable. Vers le bruit des armes de mort et du chaos. Les dirigeants politiques, les élites intellectuelles kabyles doivent avoir les capacités à anticiper les sales coups à venir du régime algérien et réagir en conséquence : protéger le peuple kabyle.

Nul besoin d’être un devin, d’évoluer dans les sphères du régime algérien ou dans les rues de Tizi Ouzou, de Bumardas ou de Jijel… pour comprendre qu’il a retiré l’autorité à l’administration civile à qui il reproche l’échec dans la mission « assimilationniste » des Kabyles. Autorité confiée à l’administration militaire avec ordre de « mater » définitivement la Kabylie.

Nul besoin aussi d’être savant pour comprendre que le régime algérien n’applique en Kabylie, la « politique kabyle » de la France coloniale, mais sur certains points, il emprunte le sens inverse. Enfin en ce coin de la planète « normalement » est un témoin gênant.
Le pourrissement des événements, les arrestations des militants, l’étranglement social et économique en Kabylie, l’insécurité et les meurtres… pourraient nous faire croire, aveuglé par raisons inconnues, mais haineuses, que l’instigateur de la croisade contre le peuple kabyle, c’est-à-dire le cercle du Président moribond de l’État ségrégationniste algérien n’a pas songé que son approche politique en Kabylie accélérait l’adhésion des Kabyles aux thèses nationalistes. N’a pas compris qu’il accompagne la Kabylie vers la souveraineté ? Autrement connaît-il les Kabyles mieux qu’ils ne se connaissent et sauraient les diviser pour ruiner leur espoir ?

L’actuel cabinet obscur considère-t-il réussir là où tant d’empires ont échoué ? Son comportement présage-t-il l’intronisation prochaine des clones au plus haut sommet du pouvoir ? Est-ce pour embrouiller tout pronostic ? Le régime se venge-t-il froidement du peuple kabyle avant son dernier souffle ? À qui échoirait le pouvoir ? Qui représenterait l’État algérien ? Les peuples d’Algérie auront-ils enfin leur mot à dire sur la forme d’État qu’ils souhaitent ? Les arabistes démocrato-nationalistes ou arabistes-chariaristes « modernes » signeront ils un nouveau long bail autoritaire ?

Peu importe, le peuple kabyle a toujours su résister aux caprices de l’histoire et aux occupations militaires des plus dures et il a transmis la langue, la culture de générations en génération, parce que même lors des pires adversités, passé le choc, il relevait la tête et se débrouiller pour préserver son être. Aujourd’hui, ce peuple a tous les atouts en mains pour reprendre le contrôle de son existence perdue en 1857 et malgré l’encerclement militaire de la Kabylie par le régime néocolonial de l’Algérie, il a la possibilité de retrouver graduellement sa liberté d’action de jadis. S’il souhaite réellement la liberté et se donne les moyens, pour la première fois de son histoire, sa souveraineté politique, linguistique, économique serait garantie par des traités internationaux.

La Kabylie est en mesure de réaliser son destin.

Firmus

Site kabyle

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